Publié le 06/02/2020  Dans : Actualités de la chimie  0 Commentaire   Vu 63 fois

Un robot pour pulvériser un biopesticide

Un robot  pour pulvériser un biopesticide

Plus de 350 000 tonnes de pesticides ont été vendues dans l’UE seulement en 2017. Hormis les potentiels effets sur la santé des personnes cultivant et consommant des produits exposés aux pesticides, l’utilisation généralisée des pesticides présente de graves effets sur les pollinisateurs naturels essentiels à notre approvisionnement en alimentation et fait plus généralement partie des principales causes du déclin des insectes dans le monde et représente une menace d’extinction.

L’agriculture de précision peut accroître l’efficacité des apports pour renforcer la rentabilité agricole, la gestion des ressources naturelles, et le bien‑être humain et environnemental. Le projet Asterix, financé par l’UE, a matérialisé ces avantages sous la forme d’un robot autonome du même nom appliquant des biopesticides écologiques uniquement sur les feuilles des mauvaises herbes.

Plus c’est grand et mieux c’est, en plus d’être plus précis

Les herbicides conventionnels sont appliqués par pulvérisation généralisée d’une brume sur tout le champ. En pratique, il est extrêmement difficile de rendre les effets toxiques sélectifs à 100 % pour les mauvaises herbes, ce qui résulte en certains dommages pour les cultures également. Le vent peut également porter ces fines gouttelettes sur de très longues distances, où elles pourront se déposer dans les ressources en eau, sur la végétation adjacente, les travailleurs agricoles, et les maisons et personnes avoisinantes.

Comme l’explique Anders Brevik, coordinateur du projet: «Nous avons transféré les propriétés sélectives de l’herbicide sur notre technique de pulvérisation. Un système de buse breveté, basé sur la vision et d’une précision extrême, est intégré aux algorithmes d’apprentissage automatique formés pour différencier les cultures des mauvaises herbes.» Asterix pulvérise des gouttelettes d’herbicide individuelles relativement grosses uniquement sur les feuilles des mauvaises herbes. Les plus grosses gouttes minimisent la dérivation vers les plantes non ciblées.

Les agriculteurs au cœur du sujet, des avantages pour tous

Fruit de presque dix années de développement et de tests menés essentiellement dans les champs des agriculteurs européens, Asterix peut travailler à toute heure en désherbant la plupart des légumes et des herbes à un taux d’approximativement 1 ha par heure. Il réduit jusqu’à 95 % la quantité de pesticides utilisés, et ses 50 litres d’herbicide représentent 1 000 litres d’un pulvérisateur conventionnel. Pesant environ 10 % de moins qu’un tracteur et un pulvérisateur, Asterix peut également se déplacer dans le champ peu de temps après une averse afin d’accroître la productivité.

Plus important encore, Asterix augmente de manière significative les rendements. «Nous savons par expérience que l’utilisation d’herbicide ralentit le développement des cultures. Nous avions pensé pouvoir accroître les rendements d’environ 5 %, mais des données antérieures sur la racine de persil suggèrent que nous obtenons un rendement environ 45 % plus élevé avec Asterix», ajoute M. Brevik. Il résume: «Notre technologie confèrera des qualités biologiques à l’alimentation publique, avec une meilleure efficacité et un coût plus faible que la production alimentaire biologique. Elle permet aux agriculteurs de produire de l’alimentation qui soit bonne pour les consommateurs, l’environnement et le climat, à un prix économiquement viable.»

Semer les graines du changement

L’équipe entame la phase pilote avec quelques agriculteurs engagés en Allemagne et en Norvège pour finaliser la validation de la technologie. Après cela, Asterix prépare un plan de commercialisation qui accroîtra les ventes dans ces deux pays, avant de conquérir le reste de l’Europe. Asterix est en mission pour conquérir de nouvelles terres et contribuer ainsi à sauver la planète.


>> Source : Weeding robot for precision farming reducing herbicide usage by 95% - Résultats de la recherche de l’UE

>> Pour aller plus loin : https://www.adigo.no/project-tembo/

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour cet article

Envoyer un commentaire

Rafraîchir l'image

Envoyer