Publié le 26/06/2019  Dans : Catégorie d'accueil  0 Commentaire   Vu 231 fois

Alimenter les bateaux à quai en énergie verte

Alimenter les bateaux à quai en énergie verte

De nos jours, les ports sont rarement équipés pour fournir de l’électricité aux navires à quai, et les navires ne sont généralement pas équipés pour recevoir de l’énergie de cette façon. Généralement, l’énergie requise pour les navires amarrés à quai est générée par les moteurs auxiliaires de ces derniers, qui font fonctionner un générateur d’électricité. Le moteur auxiliaire consomme du diesel ou du pétrole lourd pour produire de l’électricité, mais il produit également des gaz d’échappement toxiques, du bruit et des vibrations.

L’alimentation électrique à terre (OPS) peut jouer un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité de l’air local et dans la réduction des nuisances sonores dans les ports, tout en limitant les effets dévastateurs du changement climatique. En dépit de ces avantages environnementaux évidents, la mise en œuvre des OPS a pour le moment peu avancé dans le secteur maritime.

Une législation européenne défavorable.

Les premières recommandations européennes concernant l’amélioration de la qualité de l’air dans les ports grâce à l’OPS remontent à 2007. «Jusqu’alors, l’électricité produite à partir de l’utilisation de combustible de soute était exonérée de toute taxe. Par ailleurs, lorsque les navires à quai se branchaient sur le système électrique terrestre, ils devaient payer des taxes sur l’électricité», explique Peter Castberg Knudsen, copropriétaire de PowerCon.

La situation a complètement changé lorsque la directive sur la taxation de l’énergie a mis l’utilisation de l’électricité terrestre sur un pied d’égalité avec celle produite à bord des navires à partir du combustible de soute, qui n’est quant à lui pas taxé. «À quai, la consommation d’énergie auxiliaire des grands navires de croisière peut atteindre 16 MW. C’est comparable à la consommation d’électricité d’une petite ville européenne de 10 000 habitants», note M. Castberg Knudsen. «Un certain nombre d’études estiment que si tous les bateaux naviguant en haute mer ou dans les eaux intérieures et opérant dans les ports européens en 2020 utilisaient de l’énergie d’origine terrestre pour couvrir leur demande énergétique à quai, ils consommeraient 3 543 GWh par an. Cela équivaut à 0,1 % de la consommation d’électricité de l’ensemble de l’Europe en 2012.»

Des fréquences électriques différentes

À bord, la plupart des navires de croisière utilisent une tension et une fréquence électriques différentes par rapport à ce que l’on trouve dans le réseau électrique normal. La plupart d’entre eux sont souvent équipés de systèmes électriques embarqués fonctionnant à 60 Hz. D’autres systèmes fonctionnant à quai nécessitent des convertisseurs coûteux afin de s’adapter aux navires fonctionnant à 50 Hz. La technologie qu’il faut installer aussi bien à bord qu’à terre s’avère onéreuse.

Grâce au financement européen du projet LoCOPS, PowerCon est parvenu à surmonter cet obstacle. «Le système LoCOPS peut être considéré comme une grande prise de courant évoluée capable de convertir la fréquence et le niveau de tension en fonction des caractéristiques électriques à bord du navire», explique M. Castberg Knudsen.

Le système OPS récemment mis au point est conforme aux normes internationales CEI/ISO/IEEE 80005-1 (connexion par câble entre la terre et le navire en ce qui concerne la moyenne tension). Des tensions de 6,6 et 11 kV sont fournies dans les gammes de fréquence 50 et 60 Hertz. La principale innovation de ce nouveau système compact réside dans le fait qu’il a été adapté à partir d’un système d’énergie renouvelable provenant d’éoliennes. Cela le rend extrêmement rentable par rapport aux solutions concurrentes.

Les prochaines étapes

Atteindre des prix compétitifs pour l’énergie verte fournie aux grands navires tels que les bateaux de croisière nous permet de faire un pas de plus vers une société plus durable. «Au cours des 20 dernières années, des progrès importants ont été réalisés dans le développement et l’usage commercial de l’électronique de puissance. Cette tendance devrait se poursuivre, avec des prix toujours plus compétitifs et des systèmes plus performants», conclut M. Castberg Knudsen.

>> Pour aller plus loin (en anglais) : http://www.locops.eu/

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