Publié le 14/05/2020  Dans : Alimentaire et ressources naturelles  0 Commentaire   Vu 58 fois

L’approvisionnement en matières premières minérales au sein de l’UE est menacé par des intérêts sociétaux opposés.

En facilitant l’élaboration de politiques relatives aux minéraux et à l’aménagement du territoire et en promouvant des pratiques transparentes en la matière, le projet de l’UE Minland espère limiter l’impact de ce goulet d’étranglement.

Ronald Arvidsson, coordinateur du projet, explique: «L’initiative “matières premières” a été lancée afin de compenser l’insuffisance de l’approvisionnement et de la production de matières premières minérales au sein de l’UE. Par exemple, seuls environ 5 % des métaux sont produits dans l’UE, ce qui rend l’industrie européenne plus vulnérable. Ce déficit a également des répercussions sur notre économie dans la mesure où la part du lion du chiffre d’affaires généré par l’exploitation minière reste dans le pays producteur.»

Seuls quelque 2,5 % des efforts de prospection à l’échelle mondiale en lien avec les minéraux métalliques sont entrepris au sein de l’UE. Parmi les 25 nations qui investissent le plus dans la prospection, deux sont européennes.

Les matériaux de construction doivent être extraits au plus près des sites afin de réduire les coûts de transport et l’incidence sur l’environnement. «Une autre gageure tient au fait que la mise en service d’une mine peut prendre de 10 à 15 ans, depuis sa création jusqu’à la production. Cette longue période peut refroidir les ardeurs des investisseurs», explique M. Arvidsson, géophysicien de haut niveau chez Minland.

Une approche plus efficace de l’exploitation minière dans l’UE

Minland a identifié et mis en évidence les domaines dans lesquels les politiques actuelles en matière d’exploitation minière recoupent d’autres volets de l’utilisation des terres, afin de déterminer la meilleure façon d’optimiser le processus.

En adoptant une approche sociétale innovante, l’équipe a analysé les données fournies par les utilisateurs provenant d’études de cas pertinentes afin d’envisager la relation entre les matières premières minérales, les industries connexes et l’aménagement du territoire. Elle a ensuite identifié la façon dont les matières premières sont intégrées dans l’aménagement du territoire en Europe.

Le projet s’est appuyé directement sur les conclusions des utilisateurs et des experts, notamment des responsables de l’industrie de la prospection et de l’exploitation minières, des planificateurs de l’aménagement du territoire et des personnes responsables de la délivrance des permis de prospection et d’exploitation minières.

«Nous avons conçu une boîte à outils pour différentes mesures afin de contribuer à une approche intégrée des politiques en matière d’aménagement du territoire. Nous avons également proposé des solutions pratiques aux défis rencontrés, comme la nécessité d’une planification en 3D étant donné que l’exploitation minière est souvent souterraine et que d’autres activités peuvent avoir lieu en surface», explique-t-il.

Les ateliers ont rassemblé des représentants de l’industrie minière, des services régionaux d’inspection minière, des experts en utilisation des terres et des minéraux ayant travaillé sur des études géologiques, des autorités locales, des universités et des organisations non gouvernementales.

Des orientations aux bonnes pratiques

Parmi les principales conclusions de Minland, citons le fait que les informations géologiques de haute qualité constituent l’une des pierres angulaires d’une industrie minière prospère.

Elles mettent en évidence le fait que la prospection devrait être réalisée en parallèle avec d’autres activités ou utilisations des terres. «Il est également évident que la transparence et qu’une gouvernance claire concernant l’octroi de permis de prospection ou d’exploitation minières sont essentielles», ajoute M. Arvidsson.

Afin de donner aux acteurs concernés une idée de la manière de traduire ces conclusions clés en actions concrètes, l’équipe a mis en ligne sa base de données et sa bibliothèque de documents, contenant notamment des exemples de bonnes pratiques.

«Nous sommes très heureux d’avoir apporté une contribution qui pourrait permettre de mieux comprendre comment soutenir le secteur minier de l’Union européenne. Après tout, nos industries sont si nombreuses à dépendre de l’exploitation minière, qu’il est indispensable de consolider la chaîne de production», déclare M. Arvidsson.


>> Pour aller plus loin : www.minland.eu

>> Source : Mineral resources in sustainable land-use planning - Résultats de la recherche de l’UE

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