
Petit retour en arrière. Janvier 2003. La Commission publie un Livre vert afin d’épingler les principales difficultés rencontrées par les entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises (PME). Cette consultation publique a permis de placer la notion d’esprit d’entreprise au premier rang des préoccupations politiques avec, pour résultat immédiat, l’adoption d’un plan d’action détaillé, un an plus tard.
Le plan d’action sur l’esprit d’entreprise définit cinq domaines stratégiques susceptibles de favoriser, dans un premier temps, l’émergence de l’esprit d’entreprise parmi les citoyens et, ensuite, d’encourager un environnement propice à son épanouissement.
Ces cinq domaines sont les suivants: alimenter la culture entrepreneuriale, encourager plus de personnes à devenir entrepreneurs, orienter les entrepreneurs vers la croissance et la compétitivité, améliorer les flux des financements et instaurer un cadre réglementaire et administratif plus favorable aux PME.
Plus spécifiquement, le plan d’action aborde des questions pratiques telles que les demandes de prêt bancaire par les PME dans le nouvel environnement de notation de la clientèle de Bâle II, le transfert d’entreprises et la promotion des liens entre les Centres Relais Innovation (CRI) et les grappes afin d’encourager le transfert d’innovation des PME vers les partenaires d’autres régions. Au total, 90 % des 36 initiatives présentées dans le plan d’action sont déjà sur les rails.
Les clés du succès
Le point fort du plan d’action réside dans le fait qu’il regroupe une série d’initiatives en un ensemble cohérent et intégré, mettant en avant l’importance de l’esprit d’entreprise proprement dit et le rôle clé des PME, en tant que source majeure d’emplois, de dynamisme économique et d’innovation, pour l’économie européenne.
L’importance du dialogue et des engagements spontanés est un autre aspect fondamental qui a contribué à la réussite de ce train de mesures. La Commission, en proposant ses services de promoteur et de facilitateur d’idées, a su convaincre les autres intervenants. Grâce au concours des parties prenantes, comme les gouvernements et le monde des affaires, ces idées se sont peu à peu imposées.
Les mesures pratiques qui ont été mises en œuvre illustrent très clairement comment différents acteurs qui collaborent, pour leur bénéfice mutuel, à des initiatives stratégiques peuvent atteindre leurs objectifs.
Entre les brochures d’information, les communications de la Commission attirant l’attention sur certains aspects spécifiques et les conférences permettant l’échange d’idées et de bonnes pratiques, les techniques utilisées pour sensibiliser les acteurs concernés à l’esprit d’entreprise sont nombreuses. Le recours aux Euro Info Centres pour aider les petites entreprises à trouver des partenaires commerciaux figure également parmi les initiatives concrètes.
Des efforts conjoints pour former les entrepreneurs de demain
Le plan d’action attache une grande importance à l’éducation et à la promotion de la culture entrepreneuriale. Des fonctionnaires européens et nationaux, des responsables de l’éducation et des membres du monde des affaires se sont réunis à l’échelon européen pour identifier leurs objectifs et ensuite, les solutions pour les atteindre.
Parmi les activités mises en œuvre, citons l’appui d’un groupe de travail sur l’éducation à l’esprit d’entreprise composé d’experts nationaux, une brochure largement diffusée et disponible en 12 langues («Vers la création d’une culture entrepreneuriale»), une communication de la Commission et l’intégration de la promotion de la culture entrepreneuriale dans le programme européen d’apprentissage tout au long de la vie.
La Commission encourage la création de mini-entreprises constituées d’élèves dans le secondaire afin de remédier au manque d’esprit d’entreprise dans l’UE et, ainsi, de stimuler la création d’emplois. Si 15 % environ des écoles secondaires de l’UE proposent des cours de ce type, 1-2 % seulement des étudiants y participent. Ces mini-entreprises offrent aux étudiants une réelle chance d’acquérir des techniques commerciales de base et de développer leurs qualités personnelles de même que des compétences générales comme la créativité, la confiance en soi, le travail en équipe, le sens des responsabilités et l’esprit d’initiative. Des qualités qui tiennent une place de plus en importante dans la société de la connaissance d’aujourd’hui, et ce à tous les niveaux. Les premières enquêtes révèlent que 20 % des étudiants qui ont participé à de tels programmes mettent sur pied leur propre entreprise une fois sortis de l’école.
Un DVD présente quelques expériences de ce type, comme ces housses originales pour souris d’ordinateur fabriquées par des étudiants estoniens ou ces étudiants espagnols qui se sont lancés dans l’importation d’artisanat mexicain. Il explique par ailleurs comment ces expériences ont changé leur façon de voir les choses. Ce matériel audiovisuel contribue à sensibiliser les décideurs politiques, les entreprises et les enseignants à ces programmes.
Un éventail de réalisations tangibles
Des progrès substantiels ont également été réalisés dans le domaine de l’accès au financement. Les nouveaux instruments financiers communautaires dont les PME pourront bénéficier font partie du programme-cadre pour l’innovation et la compétitivité (2007-2013). Ces instruments ont été adaptés afin de les rendre plus flexibles et disposent d’un budget total d’environ 1 milliard d’euros.
La Commission s’emploie à améliorer la coopération commerciale des PME au sein du marché intérieur. Une série d’événements de rencontre d’entreprises et de liaison, connus sous le nom d’«Initiatives de coopération commerciale paneuropéenne», sont désormais organisés. Ces événements couvrent 20 secteurs industriels ou activités commerciales connexes et se tiennent lors des grands salons commerciaux internationaux organisés en Europe. Quelque 4 000 entreprises de l’UE, de l’AELE/EEE, des pays candidats et de Russie, d’Ukraine et de Moldavie y ont déjà participé et ont ainsi pu élargir leurs contacts commerciaux.
La Commission a rassemblé l’expertise nécessaire pour s’attaquer à un phénomène qui, pour la seule année 2005, a concerné quelque 140 000 entreprises de l’UE-15 et menacé 1,5 million d’emplois: les faillites. Des signes positifs indiquent que certaines priorités, comme la prévention des faillites et l’aide au redémarrage, sont mises en œuvre à l’échelon national. En effet, un tiers environ des programmes nationaux de réforme initiés par les États membres en 2005 prévoient une réforme de la législation nationale sur les faillites.
Le plan d’action sur la promotion de l’esprit d’entreprise s’est révélé être un précieux outil pour la réalisation de l’objectif stratégique commun de promotion de l’esprit d’entreprise en Europe. Les nombreuses initiatives auxquelles il a donné naissance sont peu à peu intégrées dans la nouvelle politique des PME** approuvée en novembre 2005 par la Commission, et seront par conséquent poursuivies dans ce contexte.
Pour engranger des résultats tangibles, il faut un engagement total de la part des secteurs privé et public ainsi que des administrations locales, nationales et européennes. Pour sa part, la Commission a intégré l’esprit d’entreprise dans sa stratégie phare pour la croissance et l’emploi. La promotion de l’esprit d’entreprise est ainsi devenue un élément clé du programme-cadre pour la compétitivité et l’innovation.
Source : Bulletin d’information publié par la direction générale des entreprises et de l’industrie
de la Commission européenne
Auteur : Sonia Herrero Rada