Garantie incontestable de qualité pour l’ensemble des consommateurs, les labels de certification des produits, des services et des entreprises elles-mêmes se multiplient. Et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’y intéresser.
C'est une étude particulièrement intéressante qui a été publiée en décembre 2006 à l’occasion de la 22e édition du Salon Pollutec qui s’est tenu à Lyon. Réalisée par la société spécialisée Altares avec le soutien de l’Ademe, elle montre en effet que, dix ans après la création de la norme environnementale ISO 14001, plus de 90 000 entreprises ont déjà reçu la certification correspondante dans le monde. Autres chiffres importants : elles sont près de 3 000 en France dont 46 % comptent un effectif inférieur à 100 salariés (21 % seulement il y a six ans). « Une progression, estiment les auteurs de l’étude, qui s’explique par le fait que la certification constitue désormais pour toute entreprise, en France ou à l’étranger, une garantie essentielle de qualité et de compétitivité sur les marchés internationaux. »
Tout a commencé il y a près d’un demi-siècle avec la loi d’orientation agricole de 1960 qui a institué un label rouge destiné à attester de la qualité, essentiellement en termes d’hygiène et de sécurité des consommateurs, de certains produits alimentaires (volailles, viande bovine, produits laitiers, etc.) disponibles sur le marché français. Puis on est passé progressivement aux certificats de qualification concernant des produits industriels et des services. C’est ainsi que la marque NF, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’est répandue au cours de la décennie 1980. Propriété d’Afnor et concédée à sa filiale Afaq- Afnor, elle constitue une reconnaissance officielle pour des produits ou des services qui répondent à un certain nombre de caractéristiques pré-définies.
On en compte aujourd’hui plusieurs centaines qui concernent aussi bien des productions comme le béton prêt à l’emploi, les composants électroniques ou les produits d’ameublement que des services comme les prestations hôtelières, la vente par correspondance ou l’accompagnement des personnes âgées à domicile. A noter également l’existence des certifications Keymark qui garantissent la conformité de certains produits à des normes européennes spécifiques. Exemple récent : les refroidisseurs de lait en vrac.
Certification de produits, mais aussi certification de systèmes. Apparue il y a une bonne vingtaine d’années avec la mise au point des premières normes internationales ISO 9000 (du nom de l’organisme normalisateur International Standard Organization : plus de 150 pays sont aujourd’hui adhérents), la certification des systèmes de management vise à certifier non plus la qualité de la production d’une entreprise mais la qualité de son management.
Lancé avec la certification ISO 9001 qui garantit l’efficacité des procédures de gestion mises en oeuvre au sein d’une entreprise, le dispositif s’est étendu progressivement à la certification ISO 14001 qui s’attache au respect des contraintes environnementales puis au référentiel OHSAS 18001 dont la certification atteste du respect des exigences de sécurité.
Actuellement, on enregistre également une demande forte pour des certifications concernant les compétences du personnel de l’entreprise ainsi que pour des certifications à caractère sectoriel dans les transports ou les nouvelles technologies. Ainsi, au cours de l’automne dernier, le site Alstom d’Ornans dans le Doubs a reçu la certification internationale Iris réservée à l’industrie ferroviaire.
Les progrès de la double certification
Bien utilisée, la certification constitue un atout majeur pour une entreprise. Vis-à-vis de ses clients, elle apporte notamment la preuve objective émanant d’un organisme tiers compétent et impartial que son produit ou son système de production répond à un certain nombre d’exigences fondamentales pré-définies et connues de tous. Mais que choisir ? La certification de produits ou la certification d’entreprise ? Tout dépend évidemment de la stratégie commerciale de l’entreprise. « On remarque toutefois, précise Olivier Peyrat, directeur général du groupe Afnor auquel appartient Afaq-Afnor Certification, le numéro un français de la certification et l’un des leaders européens de sa spécialité (plus de 60 000 sites certifiés en 2005), que nombre d’entreprises sont de plus en plus souvent tentées par la double démarche dans ce domaine. » C’est ainsi qu’une nouvelle méthode d’évaluation dite Afaq Global Performance a été lancée.
Elle répond à cette exigence nouvelle et est destinée principalement aux entreprises déjà certifiées. Même approche chez les principaux concurrents d’Afaq-Afnor Certification, le LNE (Laboratoire national de métrologie et d’essais), Qualicert, Qualifrance, SGS Qualitest ou Bureau Veritas Certification pour ne citer que les plus importants, qui cherchent eux aussi à diversifier leur offre. Depuis la loi de 1994 sur la certification, cette activité est en effet libéralisée. L’ancienne procédure d’agrément des pouvoirs publics a été remplacée par une série de textes législatifs qui ont été introduits dans le Code de la consommation et par la création d’un organisme indépendant à but non lucratif, le Cofrac, Comité français d’accréditation (cf. ci-dessus). Un dispositif qui a permis d’accroître de manière importante le nombre des entreprises certifiées au cours des dix dernières années et qui a contribué à faire progresser l’idée de qualité dans les entreprises françaises.
Les principales certifications |
Il existe divers types de certifications qui répondent à des exigences différentes. Certaines s’intéressent aux systèmes de management et d’autres aux produits ou aux services.
- La certification ISO 9001 garantit que le système de management de la qualité d’une entreprise est fondé sur des principes dont l’« approche processus » et l’« orientation client » sont les plus importants. C’est avant tout un outil de confiance entre clients et fournisseurs.
- La certification ISO 14001 permet à une entreprise d’attester de la conformité de ses processus aux exigences relatives à l’élaboration, à la mise en oeuvre, à la maintenance et à l’évaluation d’un système de management environnemental.
- La certification 22000 intègre une analyse des risques éventuels sur la santé des consommateurs en apportant une réponse complète à la maîtrise de la sécurité des aliments ainsi que des emballages qui peuvent y être associés.
- La certification de personnel atteste de la compétence des professionnels pour accomplir des tâches déterminées au regard de critères préétablis. Elle vise à fournir aux clients une base d’appréciation objective sur la qualification professionnelle du personnel d’une entreprise.
- La certification des produits industriels et des services intéresse directement les clients finaux de l’entreprise (consommateurs, utilisateurs). L’approche qualité repose alors sur un référentiel définissant un niveau de résultat au travers d’un ensemble de caractéristiques auxquelles le produit ou le service concerné doit répondre. Elle est encadrée par le Code de la consommation. La marque NF est la première marque de certification de produits en France.
- La Keymark est une marque de certification européenne qui atteste de la conformité des produits à des normes européennes. Elle doit être obligatoirement apposée à côté d’une marque de certification nationale délivrée par un organisme certificateur autorisé par le CEN.
- L’éco-label européen est la certification écologique officielle de l’Union (en France, la marque NF Environnement). Il distingue les produits dont l’impact sur l’environnement, à performances d’usage égales est réduit.
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Source: extrait Industries N°119