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Un nouveau système de normalisation
au service de l’innovation |
Une révision du système de normalisation européen vise à
améliorer le soutien à l’innovation, plus particulièrement
dans les secteurs qui évoluent rapidement et les technologies
convergentes. Elle cherche à renforcer la contribution
des chercheurs universitaires et des PME, avec des mesures
visant à stimuler le développement de normes et leur utilisation
dans plusieurs domaines importants qui font l’objet
de marchés publics.
Les normes européennes, qui sont des spécifications consensuelles
volontaires formulées par l’industrie et d’autres
parties intéressées, constituent depuis longtemps le moyen
technique de mettre en pratique les exigences générales de
la législation. En particulier, les directives “Nouvelle approche”,
dont les plus anciennes ont aujourd’hui 20 ans, fixent
des critères pour des secteurs industriels et des types de
biens spécifiques, comme les chaudières au gaz, les téléphones
mobiles ou même les jouets.
Elles sont complétées par des normes définies
par les comités techniques industriels
des organismes européens de normalisation,
le CEN, le CENELEC ou l’ETSI(1).
Outre son rôle de soutien à la législation,
le système a bien fonctionné pour l’industrie
européenne et ses consommateurs
car ses normes définissent l’état de la technique dans un domaine donné et leur respect ouvre l’accès
au marché. En se conformant aux normes européennes,
les promoteurs de nouveaux produits ou services peuvent en
garantir l’interopérabilité – un facteur crucial pour éviter le
blocage mutuel de systèmes rivaux, qui freine la pénétration
du marché et débouche inévitablement sur la faillite d’un ou
plusieurs d’entre eux.
Mais ces dernières années, le système de normalisation a
essuyé de nombreuses critiques, à plusieurs égards. Ses
délibérations peinent à suivre le rythme du développement
des nouvelles technologies. Le système a du mal à s’adapter
à l’imbrication des technologies convergentes et il demeure
difficilement accessible aux PME, qui produisent pourtant
une part importante des technologies innovantes.
De plus en plus de voix se font entendre en Europe pour soutenir
que le système de normalisation actuel doit s’adapter
aux besoins des marchés en évolution rapide, sous peine de
compromettre les perspectives d’innovation en Europe. Le
vice-président de la Commission Günter Verheugen a déclaré,
lors d’une conférence qui s’est tenue le 26 mars à Berlin,
que la Commission examine actuellement diverses options en
vue de rationaliser les objectifs et les méthodes de travail du
système. Elle encourage les organismes européens de normalisation
à soumettre des propositions avant la fin 2007.
Petites entreprises et grandes universités
Ce sont généralement les grandes entreprises qui contribuent
à la définition des normes – les PME ont rarement le temps
et les moyens de participer au processus. C’est un sérieux
inconvénient car non seulement les PME sont souvent à la
pointe de technologies spécifiques et ont beaucoup à apporter,
mais elles sont pénalisées par leur exclusion du processus
de développement des normes et des lignes directrices.
Il apparaît aussi clairement que l’apport massif de connaissances
des organismes de recherche du secteur public et
des universités n’est pas suffisamment pris en compte dans
la normalisation des technologies et produits innovants. Les
universités se préoccupent à juste titre d’assurer une protection
intellectuelle adéquate pour leurs inventions. L’une des
pistes de réflexion de la Commission aura donc pour objet
de trouver le moyen de garantir un équilibre approprié entre
les mesures incitatives envisageables pour encourager les
chercheurs à contribuer à la normalisation et à la diffusion de
leurs technologies par la création de normes. M. Verheugen
souhaite que les structures de normalisation européennes et
nationales s’ouvrent davantage aux chercheurs. L’ETSI réfléchit
déjà à des conditions d’adhésion pour les universités.
Domaines prioritaires
Si la normalisation est importante pour soutenir la compétitivité
industrielle d’une manière générale, on peut cependant
discerner plusieurs domaines émergents qui dépendent
des politiques mises en oeuvre par les pouvoirs publics,
où le potentiel d’innovation est plus grand et où l’Europe
pourrait perdre du terrain si le système n’est pas amélioré.
C’est le cas des technologies spatiales, où des normes sont
développées pour garantir l’interopérabilité d’initiatives
comme le système de navigation satellitaire Galileo et la
surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité (GMES)
Les écotechnologies et les techniques de construction durable
viendront renforcer les initiatives déjà mises en place
par l’Union en vue de promouvoir l’efficacité énergétique,
et tout indique que les innovations européennes offrent un
potentiel très intéressant. Le vaste domaine des applications nanotechnologiques commence à peine à se développer. Il
existe donc des besoins manifestes en termes de définitions
élémentaires et de terminologies, mais aussi de mesures, de
procédures et d’évaluations des implications pour la santé,
la sécurité et l’environnement. Un quatrième domaine prioritaire
concerne l’application des technologies de l’information
et des communications (TIC) aux soins de santé. Pour que les
patients et les professionnels puissent profiter des possibilités
offertes par la puissance accrue et les perfectionnements des
systèmes informatiques, des normes sont nécessaires afin de
garantir l’interopérabilité et la fiabilité des services.
Dans tous ces domaines, l’intérêt des normes réside non seulement
dans leur création en soi, mais aussi dans le fait que
les administrations sont encouragées à les intégrer dans leurs
marchés publics de biens et de services. Il s’agit d’un facteur
particulièrement important pour les normes applicables à
l’environnement, aux TIC et aux entreprises.
Secteurs en évolution rapide et
technologies convergentes
Le travail des organisations de normalisation traditionnelles
se répartit entre l’électrotechnique, les télécommunications
et les autres secteurs – des divisions qui sont aujourd’hui
dépassées à bien des égards, en raison de l’importante convergence
des technologies. Les organismes de normalisation
vont devoir plancher sur des structures opérationnelles communes
pour tenir compte des technologies convergentes. Il
leur faudra aussi trouver des moyens de définir des normes à
un rythme compatible avec les cycles de développement de
différents secteurs industriels. Le processus de normalisation
doit répondre aux besoins de différents types de marchés.
Une étude spécifique de la Commission, dont les conclusions
sont attendues aussi pour le courant de cette année,
examinera cette problématique dans le cas des TIC, avec les
interactions qui s’opèrent entre les organisations de normalisation
officielles et informelles.
(1) Comité européen de normalisation (CEN); Comité européen de
normalisation électrotechnique (CENELEC); et Institut européen des
normes de télécommunications (ETSI)
Source:: Communauté européenne
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