La nouvelle stratégie allemande en matière de technologies
de pointe pour 2006-09 vise à stimuler l’innovation dans une
série de domaines scientifiques et technologiques. Dotée d’un
budget de 15 milliards d’euros, elle aura plus spécialement
pour objectif de soutenir les PME et de mobiliser les chercheurs
et les investisseurs afin de faire de l’Allemagne un pôle d’attraction
pour les technologies émergentes, comme les biotechnologies,
les nanotechnologies, la sécurité et l’énergie.
L’innovation est une priorité absolue pour l’Allemagne, qui assure
la Présidence de l’Union jusqu’en juin 2007. Sa nouvelle stratégie
high-tech vise à investir un total de 15 milliards d’euros dans les
technologies de pointe entre 2006 et 2009, plus un complément
de 6 milliards d’euros qui seront ajoutés au budget existant pour
la R&D. Les fonds serviront dans des domaines très variés et contribueront
à accroître les investissements dans la recherche pour
atteindre l’objectif de 3% du PIB d’ici 2010.
Malgré une communauté de recherche très performante, les
idées et brevets d’origine allemande ont souvent dû passer
par d’autres pays avant que de nouveaux produits, procédés
ou services n’arrivent sur le marché. “Nous en avons un
exemple avec le lecteur MP3”, remarque Christian Herbst,
du ministère de l’Éducation et de la Recherche. “Il a été mis
au point à l’Institut Fraunhofer, mais finalement produit hors
d’Allemagne. Nous devons resserrer les liens entre la recherche
fondamentale et son application.”
Aider les PME
La nouvelle stratégie vise à stimuler le développement de ces
idées de recherche à tous les niveaux – des universités aux
petites entreprises – et surtout à encourager la collaboration
entre les différents acteurs. Les universités bénéficieront de subventions pour procéder à des recherches pour le compte
de petites entreprises. De nouveaux instruments de financement
favoriseront l’évaluation du potentiel commercial des
idées de recherche et contribueront aussi à accélérer le processus
de normalisation, pour raccourcir les délais de mise sur le
marché. La stratégie high-tech permettra également d’ouvrir
les marchés publics allemands, qui représentent 260 milliards
d’euros par an, aux produits et services innovants.
Les PME bénéficieront d’une aide substantielle, à travers des
mesures spécifiques comme le renforcement du financement
de la R&D menée en interne – le budget alloué passe à
850 millions d’euros, soit une augmentation de 40% –, ou
encore grâce à des réformes fiscales et une simplification des
formalités administratives en général.
Nouveaux marchés
La stratégie définit des orientations pour non moins de
17 domaines technologiques, avec leurs propres calendriers
et des objectifs concrets, en tenant compte du financement
de la recherche et des conditions économiques. Le but est
d’ouvrir de nouveaux marchés pilotes (ou de développer des
marchés existants) pour les technologies émergentes ainsi
que d’attirer les chercheurs et les investisseurs afin de développer
des produits qui seront mis en vente en Allemagne et
partout dans le monde. Les recherches en matière de sécurité
et d’énergie sont de nature à susciter un intérêt particulier
dans le pays. Parmi d’autres domaines importants, on peut
citer les biotechnologies, les nanotechnologies, les nouveaux
matériaux, l’espace, les sciences médicales, l’optique et les
technologies de production.
Les mesures visant à développer des zones de production moins
orientées vers les technologies se poursuivent, mais l’accent
sera mis sur l’aspect high-tech. M. Herbst estime que les efforts
ne sont pas trop dispersés pour autant et qu’il est essentiel de
stimuler l’innovation partout où les découvertes des chercheurs
peuvent déboucher sur des succès commerciaux.