Pour jouer, pour offrir, pour rêver, les jouets parlent à l’imagination
des petits et grands. L’innovation est essentielle à
la prospérité de l’industrie du jouet en Europe. En termes
de fabrication, c’est l’Asie qui domine, mais l’Europe reste
bien présente dans la production et surtout la conception
de jouets. L’innovation de produit est complétée par de
nouvelles stratégies commerciales et des mesures visant à
combattre la contrefaçon ou rendre les jouets plus sûrs.
Les Européens peuvent facilement se faire une fausse idée
de l’industrie du jouet, tant nos magasins sont remplis de
produits fabriqués en Chine et dans d’autre régions d’Asie.
En outre, les marques les plus en vue sont celles de gigantesques
multinationales. Ce tableau peut occulter le fait que
l’industrie européenne du jouet est très variée, qu’elle innove
en permanence et dépend beaucoup de la contribution d’un
nombre élevé de PME.
Il est vrai que la plupart des jouets sont à présent fabriqués
en Asie, surtout en Chine, mais l’Europe reste très active
dans l’invention et la conception de ces produits apparemment
étrangers. De plus, l’Union européenne compte de
nombreux petits fabricants de jeux et jouets spécialisés ou
artisanaux, qui forment une industrie florissante.
Le marché de détail des jeux et jouets pour l’ensemble de
l’Union dépasse les 13 milliards d’euros par an. Les jouets
produits en Europe représentent environs 30% du total. Pour
garder leur part de marché, les fabricants de jouets doivent
s’efforcer en permanence de renouveler leurs produits et
d’attirer l’attention du public.
Lire et jouer – une rencontre
entre deux marchés
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L’innovation ne tient pas nécessairement à des idées
ou des technologies nouvelles pour les jouets. Elle peut
aussi porter sur des approches commerciales.
Le pavillon “Games & Playing in the Book Trade” au Salon
du Livre de Francfort est un exemple de stratégie marketing
innovante. Cette initiative de Spielwarenmesse eG a
été lancée en 2005 et sera désormais organisée chaque
année. Elle contribuera à renforcer la tendance croissante
des librairies à se doter d’un rayon jouets.
“L’initiative est intéressante à la fois pour l’industrie
du jouet et pour les libraires”, explique Kyra Mende,
attachée de presse de Spielwarenmesse eG. “Le libraire
y trouve une opportunité de proposer à ses clients une
gamme de produits plus étendue et attrayante [tandis
que] l’industrie du jouet peut toucher de nouveaux
groupes cibles par l’intermédiaire des librairies.”
Les produits qui peuvent trouver des débouchés dans le
commerce du livre sont notamment les jeux éducatifs,
les puzzles, les jeux de cartes, les kits scientifiques, et les
figurines inspirées de personnages de livres, ainsi que
des modèles réduits de leurs véhicules, de leurs demeures
et de leurs animaux de compagnie.
En 2006, l’extension de la surface d’exposition du
pavillon permettra la participation de divers fabricants
de jouets réputés venus d’Australie, de Belgique,
d’Allemagne et de Pologne.
Pavillon “Games & Playing in the Book Trade”:
http://www.spielwarenmesse-eg.de/
index.php?id=1233&L=1#
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Les voies de l’innovation
“En Europe, les entreprises du secteur du jouet investissent
beaucoup dans la recherche et le développement”, souligne
Anne Starkie-Alves, secrétaire générale de Toy Industries of
Europe (TIE), qui représente les producteurs européens dans
leur grande diversité, des PME aux grosses multinationales.
L’organisation rappelle avec insistance que, sur les quelque
2 000 entreprises européennes de l’industrie du jouet, 85%
emploient moins de 50 personnes. Ces petites entreprises
coexistent avec grandes compagnies, et collaborent souvent
avec elles pour la conception, la fabrication et la distribution
des produits.
Dans l’industrie du jouet, l’innovation naît du mélange fertile
des grands classiques remis au goût du jour et d’un afflux
régulier de nouvelles trouvailles.
L’un des domaines d’innovation les plus importants réside
dans la tendance à redécouvrir et moderniser encore et
toujours certaines des idées les plus anciennes. Le yo-yo
en est un excellent exemple. “Il y a quelques années, nous
avons constaté que les enfants avaient à nouveau envie de
jouer au yo-yo”, raconte Mme Starkie-Alves. “Et l’industrie a
répondu à cette attente en mettant au point des yo-yo qui
émettent de la lumière ou des sons particuliers quand ils sont
en mouvement.”
Autre exemple récent: le brusque regain d’intérêt pour les
trottinettes. Les anciennes versions ont été remplacées par
des engins modernes aux lignes épurées, plus maniables,
avec des roues plus petites.
À côté de cette réinvention continuelle,
de nombreuses innovations découlent
d’une adaptation à ce que Mme Starkie-
Alves appelle “les réalités changeantes
du monde moderne”. Elle évoque par exemple le fait que les parents hésitent de plus en plus à
laisser leurs enfants jouer dehors. De nouveaux produits ont,
de ce fait, été conçus pour encourager les activités dans
l’environnement sécurisant des maisons.
Ainsi, les nombreux tapis de danse électroniques, qui
offrent aux enfants une façon interactive de danser sur une
musique d’accompagnement. Apparemment, dix minutes
suffisent pour brûler environ 60 calories, ce qui permet à
l’industrie du jouet de contribuer aux efforts pour lutter
contre l’épidémie d’obésité enfantine.
Encourager les idées nouvelles
La source des idées nouvelles varie: il peut s’agir d’équipes
de R&D dans les grandes entreprises, de designers dans les
petites et moyennes entreprises soucieuses d’élargir leur
marché ou encore de particuliers qui doivent vendre leur
projet à des sociétés existantes ou bien monter leur propre
affaire pour tenter eux-mêmes l’aventure.
Les gens qui ont des idées, mais ne qui savent pas à qui s’adresser,
peuvent souvent compter sur l’assistance de l’industrie. Au
Royaume-Uni, par exemple, la BTHA (British Toy and Hobby Association), à l’instar de plusieurs organisations similaires dans
d’autres pays, vend un “Inventor’s Pack” pour 20£ seulement
(environ 30€), afin de les aider à concrétiser leurs idées.
La BTHA a aussi prévu dans son salon annuel une section
baptisée “The Greenhouse Area”, où les nouvelles petites
entreprises peuvent présenter leurs produits et leurs concepts.
“C’est un grand succès”, commente Roland Earl,
directeur général adjoint de la BTHA. “Nous avons chaque
année beaucoup de nouvelles entreprises qui participent. Le
secteur est très actif.”
Bien sûr, les entreprises qui se lancent n’ont pas toutes la chance
de réussir et bon nombre de start-ups ne survivront qu’un
temps. Ce n’est pas un secteur où l’on peut aisément se faire
une place, mais M. Earl précise: “Les jouets font rêver les adultes
aussi bien que les enfants. Les gens s’y intéressent volontiers
et sont prêt à saisir la moindre opportunité. C’est donc un
domaine d’activités où on ne manque pas de sang neuf.”
Comme tous les parents le savent, les enfants peuvent
être très imprévisibles. Les innovateurs sont confrontés
à un marché où l’apparition et le retour en force de certains engouements s’opèrent parfois de façon mystérieuse.
Mme Starkie-Alves pense que ces effets de
modes sont souvent provoqués par les enfants eux-mêmes,
plutôt que par d’habiles manoeuvres de l’industrie. De
nombreuses campagnes de marketing ont été balayées par
le déferlement de demandes émanant des consommateurs,
auxquelles les producteurs doivent répondre rapidement
– comme la redécouverte des joies du yo-yo.
On ne joue pas avec la sécurité
La meilleure protection pour les consommateurs découle de
l’obligation, pour les jouets vendus légalement en Europe,
de satisfaire aux normes de sécurité fixées par l’Union, et en
particulier par la Directive du Conseil 88/378/CEE relative à la
sécurité des jouets. Cette Directive est en cours de révision,
afin notamment de clarifier son champ d’application et de
moderniser les dispositions en matière de sécurité. Une récente
étude effectuée à la demande de la Commission a analysé
l’impact probable de certaines modifications proposées.
Elina Pietiläinen, de la DG Entreprises et Industrie de la
Commission, précise qu’une proposition officielle devrait être
adoptée par la Commission en 2007 et déboucher probablement
sur une Directive revue dans les prochaines années.
La formulation de nouvelles spécifications peut représenter
un défi pour les concepteurs et les fabricants de jouets, mais
elle peut aussi encourager les innovateurs à s’adapter plus
rapidement que leurs concurrents.
À propos des effets possibles sur l’innovation d’une révision
de la législation, Mme Pietiläinen rassure: “Rien ne devrait
entraver l’innovation du moment que les jouets restent sûrs,
puisque la sécurité est l’objectif fondamental de l’actuelle
Directive et des changements qui seront apportés. Du point
de vue de l’innovation, l’important est que la Directive autorise
des solutions techniques différentes de celles fixées par
les normes pour autant que le jouet soit soumis à un contrôle
indépendant pour en garantir la sûreté.”
Les tests de sécurité s’accompagnent souvent d’essais par
un échantillon de consommateurs – des enfants, et souvent
leurs parents et amis plus âgés – qui joueront véritablement
avec les nouveaux produits. Les stratégies d’essais sont variables
et vont de procédures internes très élaborées au simple
lancement d’un nouveau jeu sur le marché pour le tester en
conditions réelles.
Naturellement, sur le long terme les innovations ne s’imposeront
comme des succès que si elles plaisent aux enfants et
les divertissent. L’un des principes centraux défendus par les
associations professionnelles comme TIE est que les meilleurs
jouets sont ceux qui, sans se départir de ce rôle fondamental,
favorisent aussi le développement psychologique, social et
physique des enfants.
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Anne Starkie-Alves, Toy Industries of Europe
Tél. +32 2 227 5301
Fax +32 2 250 0019
anne.starkie@tietoy.org
http://www.tietoy.org/
Roland Earl, British Toy and Hobby Association
Tél. +44 207 701 7271
Fax +44 207 708 2437
roland@btha.co.uk
http://www.btha.co.uk/
Yann Le Tallec, Toy Industries of Europe
Tél. +32 2 227 5301
Fax +32 2 250 0019
yann.letallec@tietoy.org
http://www.tietoy.org
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Kyra Mende, Spielwarenmesse eG
Tél. +49 9 119 981 333
Fax +49 9 119 981 340
k.mende@spielwarenmesse.de
http://www.spielwarenmesse.de/
Elina Pietiläinen,
Commission européenne
DG Entreprises et Industrie
Tél. +32 2 298 6861
Fax +32 2 296 9638
elina.pietilainen@ec.europa.eu
http://ec.europa.eu/enterprise/toys/index_fr.htm
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