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crise entre la Russie et l'Ukraine pour l'approvisionnement en gaz de l'Europe
de l'Ouest a relancé la question du nucléaire en Allemagne. La dépendance de l'Allemagne
par rapport au gaz et au pétrole est importante, il est donc nécessaire de trouver
des alternatives énergétiques.
Le charbon est disponible en
Allemagne à un prix raisonnable grâce aux subventions de l'Etat, mais les émissions
de dioxyde de carbone sont un inconvénient non négligeable. Les énergies renouvelables
peuvent être davantage développées, mais restent sujettes aux variations naturelles
(vent, soleil), sont encore coûteuses et ne peuvent satisfaire la totalité des
besoins énergétiques allemands. Enfin, le nucléaire est une énergie moins coûteuse
et l'uranium n'est pas soumis à des fluctuations aussi importantes que le pétrole
et le gaz. Le Ministre de l'Economie, Michael Glos (CSU),
souhaite qu'une nouvelle réflexion soit menée par rapport à la sortie du nucléaire.
Selon lui, l'Allemagne ne doit pas abandonner le nucléaire, pour éviter de devenir
complètement dépendante pour son approvisionnement énergétique (80% de l'énergie
est importée aujourd'hui). Edmund Stoiber, chef de la CSU, et Christian Wulff,
ministre-président de la Basse-Saxe et vice-président de la CDU, ont soutenu l'initiative
de Michael Glos. Il souligne le problème des coûts énergétiques croissants qui
empêcheront probablement le respect du planning de fermeture des centrales. Mais
Sigmar Gabriel, ministre de l'environnement, proteste, précisant que la CDU et
le SPD s'étaient mis d'accord dans le contrat de coalition pour ne pas modifier
la loi sur la sortie du nucléaire. Selon le ministre, il serait faux de croire
que celle-ci est le seul fait des Verts : "la démocratie sociale allemande voulait
et veut la sortie du nucléaire", dit-il. De même, le président de l'Office fédéral
de l'environnement (UBA), Andreas Troge, s'est opposé à une utilisation renforcée
du nucléaire en Allemagne, conseillant de plutôt s'intéresser à la cogénération
(production combinée de chaleur et d'électricité). Ce thème sera discuté
lors de la réunion du Conseil des ministres au cours de cette semaine. Si le contrat
de sortie de nucléaire était maintenu, la centrale Biblis A devrait être arrêtée
en 2007, et les centrales Biblis B et Brunsbüttel en 2009.
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