Les technologies de l'information modifient les conditions de travail, mais elles modifient
aussi les relations entre patron et employé.
En
effet les technologies qui ont été développé
initialement pour contrôler plus efficacement la chaîne de production dans une entreprise sont
maintenant appliquées dans l'organisation du travail afin de gérer les personnes ainsi que
leur production de connaissances. Ces nouvelles pratiques,
dites de "micromanagement", ont fatalement des conséquences
sur le travail et les relations entre les salariés et leur hiérarchie.
Commandée par Microsoft UK, une étude sur ce "micromanagement" a été confiée
au docteur Carsten Sorensen, chercheur au département
de systèmes d'information de la London School
of Economics. Les résultats de ces recherches,
présentées dans le rapport The Future
Role of Trust in Work (Le role futur de la confiance
au travail), sont disponibles gratuitement sur le site
de Microsoft, et font partie d'un programme de recherche
intitulé L'avenir du travail, financé par Microsoft et lancé en octobre 2003.
Cette étude met en lumière le fait que les supérieurs hiérarchiques ont été
incapables jusqu'à présent de faire un
usage correct des nouvelles technologies de l'information
pour organiser et piloter le travail de leurs subordonnés.
Bien au contraire, le docteur Sorensen souligne un emploi
dommageable de ces techniques : l'organisation et les
structures traditionnelles du management sont totalement
dépassées pour traiter ces questions et
conduisent les dirigeants d'entreprises à sur-utiliser
ces nouvelles technologies pour évaluer les performances de leurs employés, en un mot, les espionner.
Les employés, pour répondre à ce défi du contrôle
permanent ont tendance à passer un temps trop important à prouver qu'ils travaillent plutôt
qu'à travailler, ce qui est dommageable pour la productivité de l'entreprise et le service
aux clients. Pour le docteur Sorensen, la réponse
réside dans la création d'une organisation
du travail plus souple mais dans laquelle les employés
ont un intérêt a être contrôlés
: ceci suppose que les supérieurs fassent à
priori confiance à leurs employés. Mais construire une nouvelle relation de confiance entre
patrons et employés sera long et surtout fragile.
Sources
LSE, http://www.lse.ac.uk ; Microsoft, http://www.microsoft.com/uk/business
Redacteur : Renaud Duplay - Service Science et Technologie
- Ambassade de France au Royaume-Uni