6. Le dialogue avec le public et les acteurs du domaine.
L'attitude du public joue un rôle crucial dans la mise en oeuvre des nouvelles technologies. Le groupe de travail
a commandé un sondage auprès du public britannique. Cette enquête a indiqué que
seulement 29% des personnes interrogées avaient entendu parler des nanotechnologies et seules 19% pouvaient
en donner une definition.
Parmi ces dernières, 68% pensaient que les nanotechnologies pourraient améliorer leur
vie future et 4% jugeaient à contrario qu'elles
allaient la rendre pire. Ces chiffres montrent que la
sensibilisation du public britannique au nanotechnologies
est encore faible. Cet état de fait implique
que l'avenir de ces technologies dépendra beaucoup
de la façon dont les opinions seront façonnées dans les prochaines années.
Lors de rencontres avec des membres du grand
public, les rédacteurs du rapport ont pu recueillir
leurs vues, qu'elles soient positives (par exemple en
ce qui concerne les applications potentielles en médecine
ou pour la création de nouveaux matériaux)
ou négatives (par exemple en ce qui concerne
les effets secondaires à long terme).
Les personnes rencontrées ont tracé des parallèles avec les problématiques
des OGM et l'énergie nucléaire, notamment
pour la gouvernance des nanotechnologies. Afin de poursuivre
cette démarche d'écoute du grand public,
le rapport recommande que les conseils de recherche
financent un large programme de recherche sur l'attitude
du public face aux nanotechnologies. La partie qualitative
de ce travail devrait impliquer des membres du grand
public ainsi que de membres de certains groupes de la
société, comme les handicapés.
Ce programme pourrait enrichir l'enquête déjà
réalisée au fur et à mesure que
la connaissance des nanotechnologies par le public se développe.
En outre, un débat constructif et proactif devrait être amorcé dès maintenant,
avant que des positions tranchées n'apparaissent.
Le rapport recommande donc que le gouvernement britannique
lance un dialogue public, correctement financé,
autour des nanotechnologies. Un certain nombre d'organismes
pourraient être impliques dans ce dialogue : les
conseils de recherche, les societes savantes, l'industrie
ou encore des mouvements associatifs rompus aux contacts
avec le public. Dans un premier temps, les conseils
de recherche pourraient prendre en charge un débat
sur la gouvernance.
Sources:
Nanoscience and nanotechnologies : opportunities and
uncertainties, rapport de la "Royal Society" et de la
"Royal Academy of Engineering" disponible a l'adresse
: http://www.nanotec.org.uk/finalReport.htm.
Rédacteur : Anne Prost.