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Les communiqués de presseNanosciences et nanotechnologies: dossier spécial.
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Sommaire du dossier
1.0 Introduction
1.1 Possibilités et incertitudes
1.2 Une tentative de définition des nanosciences et des nanotechnologies
2.0 Etat des lieux et perspectives

2.1 Les nanomatériaux
2.2 La nanométrologie

2.3 L'électronique, l'optoélectronique et les "TIC"
2.4 les bionanotechnologies et la biomédecine
3.0 La nanofabrication et les applications industrielles des nanotechnologies
4.0 Les impacts sur la santé, l'environnement et la sûreté
5.0 Les conséquences éthiques et sociales
6.0 Le dialogue avec le public et les acteurs du domaine
7.0 Le cadre réglementaire
7.1 Conclusion


4. Les impacts sur la santé, l'environnement et la sûreté
Même si les avancées potentielles apportées par les nanotechnologies dans les domaines de la santé et de l'environnement sont les bienvenues, des inquiétudes ont vu le jour concernant les propriétés mêmes que les chercheurs et les industriels s'efforcent d'exploiter.

On peut citer par exemple la grande réactivité de surface des nanoparticules et leur capacité à traverser les membranes des cellules. Ces propriétés ne representent-elles pas des dangers pour la santé et l'environnement, en particulier n'engendrent-elles pas une toxicite accrue ? Le groupe de travail a conclu que la plupart des nanotechnologies ne posaient pas de nouveaux risques sanitaires ; à contrario, toutes les inquietudes se concentrent sur les nanoparticules et les nanotubes "libres" (le risque reste faible dans le cas ou ils sont enrobés dans une matrice).

Pour l'instant toutefois, peu de nanoparticules chimiques sont produites à l'echelle industrielle et l'exposition à ces particules libres est limitée aux lieux de travail et a un petit nombre d'applications cosmétiques.

Une des conclusions majeures des experts à trait aux données et informations disponibles sur la toxicite pour l'humain ou la nocivité pour l'environnement eventuelles de ces objets nanométriques : en effet, soit peu d'études ont été réalisées soit le peu d'information disponible est detenu par les industriels qui ne souhaitaient pas, jusqu'à présent, le rendre publique.

Les quelques suppositions ou donnees disponibles ont été recensées par les auteurs du rapport :
- toxicite : à priori, les nanoparticules pourraient s'avérer plus toxiques par unité de masse que les particules plus volumineuses ; cela tient à la fois à leur plus grande surface par unité de masse et à leur plus grande réactivité chimique. Il semblerait egalement que les nanoparticules pénétreraient plus facilement dans les cellules que les plus grosses particules ;
- pénétration de la barrière cutanée : les nanoparticules pourraient faciliter la production de molécules réactives qui menent à l'endommagement cellulaire. Dans le cas des cosmétiques, les études publiées portant sur les particules utilisées sont encore insuffisantes, en particulier concernant l'incidence des particules d'oxyde de titane sur les peaux abimées (souffrant d'eczema par exemple). Cependant l'industrie des cosmétiques doit disposer d'une certaine quantité d'informations.
- inhalation : à priori, les nanoparticules utilisées actuellement présentent une faible solubilité et une faible activité de surface. En revanche, les nouvelles nanoparticules présentent des caractéristiques différentes et devraient être traitées avec precaution. De même, les propriétés physiques des nanotubes, composés de carbone ou autre, indiquent que leur toxicité pourrait être proches de celle des fibres d'amiante. Cela dit, les études préliminaires suggèrent que les nanotubes ont tendance à se rassembler en grappe et se trouvent donc rarement sous forme isolée.
- explosion : des risques d'explosion pourraient exister pour des nanoparticules combustibles.

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Les recommandations formulées par les experts sont donc marquées par les incertitudes qui pèsent sur les dangers potentiels liés aux nanotechnologies. Ils recommandent ainsi que " Research Council UK " établisse un centre de recherche interdisciplinaire englobant des institutions de recherche déjà existantes et charge de mener des recherches sur la toxicité, l'épidemiologie, la persistance, la bioaccumulation et les voies d'exposition des nanoparticules et nanotubes.

Ce centre serait également chargé de développer des methodologies et des instruments pour contrôler la présence de ces espèces dans l'environnement (bâtiments et nature). Sa mission consisterait également à faire le lien avec les organismes de régulation, à interagir avec ses équivalents européens et internationaux et à maintenir une base de données de ses resultats. Des financements devraient également être attribués à des groupes de recherche ne faisant pas partie du centre.

Le groupe de travail estime qu'un financement de 5 à 6 millions de livres (environ 7,3 à 8.8 millions d'euros) par an sur dix ans serait nécessaire. Cette dotation devrait être apportée par le gouvernement mais le centre pourrait également recevoir des financements européens ou internationaux.

De precieuses informations sur la pénétration des défenses du corps humain par les nanoparticules pourraient être obtenues auprès des chercheurs qui les utilisent pour la délivrance ciblée de medicaments. Le groupe de travail recommande donc que ces chercheurs collaborent avec ceux qui travaillent sur la toxicité des especes nanométriques. Il recommande également que les essais de ces nouveaux médicaments prennent en compte la toxicité propre à ces particules et en particulier leur capacité à toucher des cellules et des organes distants de leur cible.

L'impact des especes nanométriques sur les especes vivantes non humaines et leur comportement dans l'air, l'eau, le sol ou la chaîne alimentaire sont également peu connus. Dans le doute, le rapport recommande donc que le rejet dans l'environnement de nanotubes et de nanoparticules d'origine artificielle soit aussi limité que possible.

En particulier, les experts recommandent que :
- les laboratoires et les lieux de fabrication traitent ces especes comme dangereuses et cherchent à réduire ou à supprimer leur présence dans les rejets ;
- l'utilisation de nanoparticules libres pour des applications environnementales, comme le traitement des eaux et des sols, soit interdite tant que les travaux de recherche nécessaires n'auront pas été menés et qu'il n'aura pas été démontré que les bénéfices potentiels l'emportent sur les risques potentiels.

Il est également pour l'instant extrêmement difficile de savoir dans quelle mesure les especes nanométriques sont susceptibles de s'échapper des futurs produits industriels dans la composition desquels elles rentreront. Il est donc recommandé que, lors de la conception et de la mise au point d'un produit, les industriels évaluent le risque de dégagement de nanoparticules ou de nanotubes durant toute la durée de vie du produit. Ces informations devraient ensuite être mises à la disposition des autorités de régulation.

Enfin, partant du constat que certaines informations détenues par les industriels ne sont pas publiques, les experts recommandent que les comités scientifiques consultatifs compétents charges de la sûreté des ingrédients (en particulier le comité scientifique européen des produits cosmétiques et des produits non alimentaires) demandent que toutes les données relatives à l'évaluation des dangers et les methodologies employées pour les obtenir soient rendues publiques.

Sources:
Nanoscience and nanotechnologies : opportunities and uncertainties, rapport de la "Royal Society" et de la "Royal Academy of Engineering" disponible a l'adresse : http://www.nanotec.org.uk/finalReport.htm.
Rédacteur : Anne Prost.



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