2.1 Les nanomatériaux
Une
grande partie des nanosciences et des nanomatériaux
se concentre sur la production de matériaux nouveaux
ou améliorés. Dans les techniques "top
down" de tres petites structures sont produites en partant
de "grands" morceaux de matériaux : c'est le
cas du marquage par attaque chimique des circuits sur
des puces en silicium. Les structures nanométriques
peuvent également être construites par
des techniques "bottom-up", atome par atome ou molécule
par molécule.
Dans le cas de l'auto-assemblage, des atomes
ou des molécules s'arrangent en fonction de leurs propriétés naturelles. La croissance de
semi-conducteurs ou la synthèse chimique de larges molécules sont des exemples d'auto-assemblage.
Une autre methode de technique "bottom-up" consiste à déplacer individuellement chaque molécule
ou atome grâce à des outils adaptés
(des pinces optiques par exemple). Bien qu'offrant théoriquement un meilleur contrôle de la construction, cette
methode s'avère encore très laborieuse
et peu adaptée aux applications industrielles.
De façon générale, une grande place a été accordée aux
nanoparticules et aux nanotubes (ou nanofibres). En
effet, les nanoparticules sont présentes dans
nombre de produits cosmétiques (par exemple sous
forme de particules d'oxyde de titane ou d'oxyde de
zinc dans les crèmes solaires) et leur toxicite
potentielle n'a pas été forcement totalement evaluée.
De plus, le fait qu'elles soient "fixes" (par exemple noyées dans une matrice) ou "libres"
pourrait avoir un effet significatif sur leur impact
en termes de santé, de sécurité
et d'environnement. Toutefois, dans la plupart des applications
courantes, les matériaux nanométriques sont fixés ou noyés dans une matrice,
par exemple dans les couches minces pour l'électronique.
Le groupe de travail s'attend à ce que, dans quelques années, les nanomatériaux
contribuent à améliorer les performances
d'une large gamme de produits qu'il s'agisse de l'électronique
à base de silicium, des écrans, des peintures,
des batteries, des capteurs ou des catalyseurs. A plus
longue echéance, des composites exploitant les
propriétés des nanotubes de carbone (la
résistance, la flexibilité et la conductivité
thermique) pourraient apparaître. Des nanospheres
inorganiques pourraient etre utilisées comme
lubrifiants et des grains nanocristallins pourraient
rentrer dans la composition de matériaux magnétiques.
Des implants médicaux pourraient être
fabriqués par exemple à base de zircone
nanocristalline qui présente de bonnes propriétés
de biocompatibilité, de dûreté et
de resistance à l'abrasion et à la bio-corrosion.
De même, le carbure de silicium nanocristallin
représente un candidat de choix pour la fabrication
des valves cardiaques artificielles en raison, en particulier,
de sa légèreté, de sa grande résistance
et de sa stabilité chimique. Les pièces
détachées des voitures ou des fours haute
température pourraient également bénéficier
de ces nouvelles technologies.
Enfin, des membranes construites à l'echelle nanoscopique pourraient potentiellement être utiles
dans les procédés de purification de l'eau,
par exemple pour la désalinisation par osmose inverse.
2.2 La nanométrologie
La nanométrologie représente
un outil fondamental pour les nanosciences et les nanotechnologies car elle permet la caractérisation des matériaux(dimensions et propriétés).
Parmi les instruments de choix employés en nanométrologie, on peut citer les microscopes
électroniques ainsi que les microscopes à
force atomique (AFM) ou à effet tunnel (STM). Toutefois, il existe des problèmes de standardisation
et de consistance des mesures d'un laboratoire à l'autre voire, pour un même instrument, d'un opérateur
à un autre. De plus, les instruments de mesure n'ont pas encore forcément atteint la précision
requise pour les travaux à l'echelle nanométrique ; on peut ainsi citer les difficultés rencontrées
dans la mesure de la force des liaisons au sein des molécules.
Tout en reconnaissant la qualité du travail réalise au Royaume-Uni par le "National
Physical Laboratory" (ou NPL), les experts recommandent que le "Department of Trade and Industry" (DTI) :
a. soutienne la standardisation des mesures à
l'echelle nanométrique en financant des initiatives au sein de son programme "National Measurement System Programme" ;
b. s'assure que le Royaume-Uni se trouve aux avant-postes des initiatives internationales pour la standardisation des mesures.
Sources:
Nanoscience and nanotechnologies : opportunities and
uncertainties, rapport de la "Royal Society" et de la
"Royal Academy of Engineering" disponible a l'adresse
: http://www.nanotec.org.uk/finalReport.htm.
Rédacteur : Anne Prost.