1.1 Possibilités et incertitudes
On
se souvient de l'émotion suscitée par
les declarations du Prince Charles sur les nanotechnologies.
Influence par la lecture de "La Proie" un roman de science
fiction de Michael Chrichton l'auteur de "Jurassic Park",
il avait alors évoqué la possibilité
de l'aneantissement de la vie sur terre par la " grey
goo ", une matière visqueuse grise composée
de multitudes de nanorobots qui se reproduiraient jusqu'à
la prise de contrôle de la planète.
D'autres inquiétudes (peut-être un peu moins fantaisistes) se sont egalement fait jour.
Quels pourraient être les impacts des nouveaux nanomatériaux sur la santé humaine ? Quels
sont les types d'applications possibles qui pourraient naître de la convergence entre les nanotechnologies
d'une part et les biotechnologies, l'informatique ou l'intelligence artificielle d'autre part ? Les cadres
de régulation actuels sont-ils pertinents ? Les nanotechnologies seront-elles sources de bénéfices ou de retard accru pour les pays en voie de développement ?
Devant l'ampleur atteinte par le débat, le gouvernement britannique, via l'"Office of Science
and Technology", avait commandé en juin 2003 un rapport à la Royal Society et a la "Royal
Academy of Engineering". Ce rapport a été publié au cours de l'été 2004 et
a donné lieu à un débat public tenu à la Royal Society le 29 septembre 2004.
Le rapport, publié conjointement par les deux sociétés savantes, s'illustre
par une grande clarté et un souçi d'accessibilité et de compréhension par le plus grand nombre.
Son contenu reflète la composition du groupe de travail : des physiciens, des chimistes et des biologistes
y cotoient des médecins, des pharmaciens ainsi que des spécialistes du risque ou de l'environnement
ou encore une représentante d'une association de consommateurs. Les termes de la mission du groupe
consistaient à examiner les points suivants :
- définir la signification des termes nanosciences et nanotechnologies ;
- résumer les connaissances scientifiques actuelles en matière de nanotechnologies ;
- identifier les applications des nouvelles technologies, en particulier lorsque les nanotechnologies sont déjà utilisées ;
- évaluer comment les technologies sont susceptibles d'être utilisées à l'avenir, en
estimant dans la mesure du possible les echelles de temps pour la mise en oeuvre des applications les plus novatrices ;
- identifier les implications ou les incertitudes environnementales, ethiques, sociales, sanitaires et en matière de sécurité, maintenant et à l'avenir ;
- identifier les domaines pour lesquelles des régulations supplémentaires devraient être envisagées.
Le travail du groupe a consisté à mener de larges consultations, à travers les contributions
écrites et orales des acteurs du domaine, britanniques ou non. Le groupe a également passé en
revue la litterature existante et commandé de
nouveaux travaux sur l'attitude et la perception du public. Les travaux ont été menés
dans une totale indépendance vis-a-vis du gouvernement britannique qui n'a en aucun cas influencé la
composition du groupe, ses methodes de travail ou la rédaction du rapport.
La structure du document publié s'articule autour des différents termes de la mission. Dans
un premier temps, les experts se pretent au jeu toujours risqué de la définition des nanosciences
et des nanotechnologies. Ils dressent ensuite un état des lieux des connaissances scientifiques et des applications
actuelles et futures. Ils se penchent alors sur les procédés de fabrication dont la description
éclaire la reflexion qu'ils menent ensuite sur les possibles impacts sur la santé, l'environnement et la sécurité.
Les impacts sociaux et ethiques sont pris en compte et cette analyse est complémentaire de
la reflexion sur le nécessaire dialogue avec et entre le public et les acteurs des nanotechnologies.
Enfin, le groupe de travail accorde une grande importance
aux conséquences de l'utilisation et du développement des nanotechnologies en termes de réglementation et de régulations.
Sources:
Nanoscience and nanotechnologies : opportunities and uncertainties, rapport de la "Royal Society" et de la
"Royal Academy of Engineering" disponible a l'adresse : http://www.nanotec.org.uk/finalReport.htm.
Rédacteur : Anne Prost.