L'évaluation
raisonnée des risques et des bénéfices
des nouvelles applications du progrès scientifique
et technologique est bien évidemment une nécessité.
L'information objective et complète du public
est elle aussi une nécessité afin d'éviter
l'exploitation de son ignorance par certains médias
qui contribuent ainsi au développement de jugements
et d'opinions trop souvent fondés sur la peur
et les fantasmes que sur la raison, comme cela a été
le cas pour le nucléaire ou les OGM.
Les problèmes posés par les média
britanniques et le danger que representent les tabloids
ont conduit le gouvernement britannique à être
vigilant à l'égard de tous les nouveaux
sujets sensibles.
En juin 2003, l'"Office of Science and Technology"
du ministère de la recherche a commandé
un rapport à la Royal Society et à la
Royal Academy of Engineering sur les risques, les possibilités
et les incertitudes des nanosciences et des nanotechnologies.
Par ailleurs, le 29 septembre 2004 une réunion-débat
a été organisée à Londres
par la "Royal Society" afin de lancer un grand débat
public sur les nanotechnologies au Royaume-Uni. Cette
réunion était animée par Nick Ross,
journaliste indépendant, en présence de
différentes personnalités ayant participé
à la rédaction du rapport.
Lan Pearson, futurologue chez British Telecom, Deidre
Hutton, présidente de l'union des consommateurs
britanniques, Ann Dowling, professeur à l'Université
de Cambridge et membre de l'EPSRC (Engineering and Physical
Sciences Research Council) et enfin, Doug Parr, membre
de l'organisation internationale Greenpeace participaient
au débat autour de Nick Ross.
Les différents intervenants en reprenant certaines
recommandations et préoccupations du rapport
ont souligné la nécessité de définir
en quoi consistent les nanosciences et les nanotechnologies.
De plus, il convient probablement de faire la distinction
entre ce qui est conceptuellement nouveau et ce qui
correspond à des progrés de technologies
existants à qui l'on donne un nouveau nom.
Ces nouvelles technologies étant sujettes à
controverse en raison des problèmes d'ethique,
sécuritaires ou environnementaux qu'elles peuvent
présenter, les intervenants ont rappelé
la nécessité d'engagement avec le public,
pour éviter que ne se répète l'experience
des autres sujets sensibles (Nucléaire, OGM...).
Aussi, la mise en place d'un organisme de régulation
et de contrôle est apparue comme essentielle,
pour maitriser le développement rapide de l'ensemble
des domaines des nano sciences. Mais l'interdisciplinarite
inhérente aux nanotechnologies ne facilite nullement
l'élaboration éventuelle d'un code de
conduite. En effet, il apparait nécessaire d'avoir
une approche spécifique pour l'ensemble des domaines
scientifiques des nanotechnologies, afin de définir
une régulation propre à chacun.
Sir David King, conseiller scientifique de Tony Blair
qui était chargé de conclure les débats
a indiqué que le gouvernement, en s'appuyant
sur les conclusions du rapport, devrait se prononcer
sur les mesures à prendre dans le domaine des
nanosciences et des nanotechnologies avant la fin de
l'année 2004.
Rédacteur:
Gilbert Balavoine - Ambassade de France a Londres.